Mon suivi gynécologique​

La gynécologie est la médecine de ton intimité. Tu seras peut-être amené·e à consulter un·e gynécologue plusieurs fois dans ta vie. Parfois juste pour un conseil, un choix de moyen de contraception ou un dépistage, mais aussi pour traiter des pathologies et autres obstacles intimes qui croiseront potentiellement ta route. Le parcours gynécologique de chaque patient·e est différent. Un traitement qui fonctionne pour un·e ami·e ne fonctionnera peut-être pas pour toi. L’important est de prendre le temps pour un suivi complet, personnalisé et bienveillant de ta santé intime !  

Le meilleur suivi gynécologique est celui que tu choisis.

Application du droit

Application du droit : ce qui te concerne

Pour une approche respectueuse de ton corps et pour la création d’un partenariat durable avec ton ou ta soignant·e, informe-toi sur tes droits en tant que patient·e. Ceux-ci sont là pour te protéger et ils visent l’amélioration globale de la qualité des prestations de soins de santé. N’oublies pas que tu as également la responsabilité de collaborer au mieux avec ton ou ta praticien·ne.

  • Tu as le droit de refuser la nudité complète.

    Aucun examen gynécologique ne nécessite l'entière nudité, que ce soit pour un frottis, un toucher vaginal ou une palpation des seins. Tu as le droit de ne dévêtir que le bas du corps pour l'examen gynécologique, puis te rhabiller et dévêtir le haut du corps pour l'examen des seins. Tu as également le droit de porter un paréo ou un vêtement ample pour te sentir plus à l'aise. Le choix te revient ! Le ou la gynécologue doit également détourner le regard lorsque tu te déshabilles, ou installer un paravent afin de te procurer plus d'intimité.

  • Tu as le droit au consentement libre et éclairé.

    Le ou la professionnel·le doit te donner toutes les informations dont tu as besoin pour que tu puisses faire des choix libres et éclairés. Tout acte pratiqué doit être préalablement expliqué, et doit recueillir ton consentement. Accepter un frottis ne signifie pas accepter aussi un toucher vaginal ou une palpation des seins, et inversement.

  • Tu as le droit de refuser un examen intime.

    Les touchers vaginaux ne sont pas nécessaires à la prescription d'un contraceptif (sauf dans le cas du stérilet ou du diaphragme). Tu as le droit de refuser cet examen ou de le repousser à une prochaine consultation si tu le souhaites. Tu as le droit de poser des questions et de t'assurer de la nécessité de cet examen. En matière de dépistage du cancer du col de l'utérus, tout frottis effectué avant tes 25 ans n'est pas nécessaire, sauf s'il y a des antécédents familiaux ou personnels spécifiques.

  • Tu as le droit d'être correctement informée.

    Le ou la soignant·e se doit de t'informer de toutes les options qui s'offrent à toi, en matière de contraception, de suivi gynécologique et de préparation à la naissance. Il existe très peu de contre-indications absolues en terme de moyens de contraception. Tu as droit, à titre d'exemple, à un dispositif intra-utérin même sans avoir eu d'enfants, à une stérilisation volontaire sans conditions d'âge, ou à préférer les méthodes naturelles au préservatif. Tous les moyens de contraception sont plus efficaces lorsque tu les choisis et qu'ils correspondent à ton mode de vie.

  • Tu as le droit de consulter ton dossier médical.

    Si tu veux vérifier certaines informations, tu peux consulter ton dossier médical. Celui-ci doit être complet et tenu à jour par les médecins. Tu peux également en demander une copie.

  • Tu as droit au respect et au non-jugement.

    Un·e praticien·ne n'a pas à émettre de jugement de valeur sur ton apparence physique, ton poids, ou tes choix. Tu as le droit de refuser d'être pesé·e et de connaitre ton poids. Tu as également le droit d'aborder librement toute question telle que les effets secondaires d'un contraceptif ou les règles douloureuses, et le ou la soignant·e doit t'écouter avec respect et prise en compte.

Sources : brochure ASBL Premisse Touche pas à mon corps sans mon accord; brochure SPF Santé Publique  Loi «Droits du patient»; Gynandco.wordpress.com  

Quand et pourquoi dois-je consulter?

Une consultation gynécologique annuelle est recommandée, mais selon ton contexte personnel, les consultations peuvent être plus rapprochées ou espacées.

Visite de "contrôle"​

La consultation annuelle dite de “contrôle” te permet de faire le point sur plusieurs aspects de ta santé intime, ton corps et ta sexualité (comme ton cycle menstruel, ton ou tes moyen(s) de protection et toute autre question qui te préoccupe). 

Visite pour diagnostic​

Si tu éprouves des douleurs pendant tes rapports sexuels, des douleurs aux seins, si tu penses avoir contracté une infection ou si quelque chose te dérange dans ta santé intime, n’hésite pas à prendre rendez-vous et à consulter rapidement. La plupart des pathologies se traitent facilement et efficacement, pour autant qu’elles soient détectées à temps.

Quelles sont mes autres options ?
Si tu ne te sens pas à l’aise chez un·e gynécologue, d’autres options se présentent à toi : consulter un·e sage-femme, te rendre dans un planning familial, demander conseil à ton ou ta médecin traitant ou encore t’auto-examiner pour certains aspects.

Quels examens ?

Quels examens dois-je faire ? Et quand dois-je les faire ?

Certains examens sont à réaliser à intervalle régulier afin de garantir un bon état de santé. En cas de symptômes ou douleurs, certains examens permettent de dépister une éventuelle pathologie.

J'ai mal quelque part...

Ecoulement anormal du téton, gonflement persistant ou présence d’une masse anormale. Détecte ces anomalies grâce à l’autopalpation des seins.

Les symptômes mammaires sont fréquents. Ils ne signifient pas pour autant qu’il y ait un cancer du sein ou une autre pathologie grave.

Examen des seins et échographie si nécessaire. La mammographie de contrôle n’est pas nécessaire avant 40-50 ans. Après ça, elle est conseillée une fois tous les 3 ans. 

Tes seins ont peut-être des kystes, des tumeurs bénignes, des changements fybrokystiques, ou alors tes symptômes sont peut-être dûs à un changement hormonal. 

Ecoulement vaginal, irritations, sensations de brûlures, douleurs en urinant, odeurs anormales.

Ta vulve souffre peut-être d’une infection. Pas de panique, la plupart d’entre-elles se soigne par la prise d’antibiotiques. 

Le dépistage passe par un examen microscopique des sécrétions vaginales, qui permet d’identifier une éventuelle infection (ex: trichomonase, vaginite bactérienne, mycose). Découvre-les ici.

Examen : Frottis (si tu ne ressens pas de douleur au niveau de la vulve, ou si tu n’as pas tes règles) ou prélèvement vaginal. 

Les rapports sexuels peuvent parfois procurer un inconfort ou faire mal. Ce n’est pas une fatalité et les causes peuvent être organiques ou psychologiques

  • Si la douleur survient au début de la pénétration, il s’agit sûrement d’une infection (cystite, mycose, IST). 
    Si la douleur est plus profonde, il s’agit sûrement d’une pathologie gynécologique. Les plus fréquentes sont les fibromes utérins, les kystes ovariens, l’endométriose, des lésions du col de l’utérus ou une inflammation des trompes. 
    Des douleurs peuvent aussi apparaitre après un traitement chirurgical ou hormonal.
  • Si la cause de la douleur n’est pas organique, peut-être est-elle psychologique? Une certaine appréhension avant la pénétration peut provoquer des contractions musculaires, lesquelles rendent la pénétration difficile et douloureuse. Un cercle de douleur s’installe puisque l’appréhension grandit, et peut causer un vaginisme, rendant la pénétration impossible. 
    Ces douleurs témoignent d’un bouleversement psychophysiologique qu’il est important de considérer dans sa globalité. N’hésite pas à en parler ouvertement avec ton ou ta gynécologue, il ou elle pourra t’aiguiller et dédramatiser certaines situations.
    Quelques conseils : apprends à te relaxer, à respecter ton désir et à y penser tout en y prenant plaisir. 

Les règles peuvent provoquer des douleurs intenses dans le bas du dos et le bas du ventre. Mais dépassé un certain stade, elles peuvent être handicapantes. Ta douleur doit être prise en compte et ne doit pas être une fatalité, surtout pour tes menstruations. 

L’endométriose est une maladie gynécologique qui touche 5 à 20% des patient·e·s en âge de procréer. Encore trop méconnue, elle est souvent diagnostiquée des années après les premiers symptômes. Cette maladie de l’endomètre est extrêmement douloureuse et handicapante, elle peut également être synonyme d’infertilié.  

Si tu as mal au ventre pendant tes règles ou pendant tes rapports sexuels, n’hésite pas à consulter un·e gynécologue ou un·e autre praticien·ne et à faire entendre ta douleur. Il ou elle te permettra d’écarter cette pathologie grâce à différents examens, ou de la diagnostiquer et t’apporter des solutions de traitement. Un attention particulière devra être apportée pour un choix de moyen de contraception, hormonal ou non. 

Je n'oublie pas d'y penser...

1 fois tous les 3 ans : fais toi dépister ! 

Souvent sans symptômes, il est conseillé en Belgique de réaliser un frottis du col de l’utérus tous les 3 ans.

Le Human PapillomaVirus (HPV) est l’une des infections sexuellement transmissibles les plus répandues. 70 à 80% de la population sexuellement active sera en contact avec ce virus au cours de sa vie. 

Il existe différents types de HPV, certains n’évoluent pas en cancers et d’autres peuvent engendrer des cancers du col de l’utérus, de la vulve, de l’anus, du pénis et de la gorge. 

Des vaccins existent contre certains types de HPV, leur efficacité est augmentée s’ils sont administrés avant les premiers rapports sexuels.  

Plus d’infos ici.

"Self-Help", pour une réappropriation de mon corps

Le mouvement “Self-Help” est apparu dans les années 70 aux Etats-Unis et a pour objectif la réappropriation du corps et des savoirs médicaux. Il repose sur une approche participative des patient·e·s et prône une émancipation de celles et ceux-ci. L’auto-santé te permet de découvrir ton corps et apprendre à déceler d’éventuels changements. L’auto-observation est un outil qui favorise l’augmentation du bien-être et de l’empowerment individuel et collectif. Par contre, prendre sa santé en main n’exclut pas de recourir à la médecine officielle. Connais-toi toi-même et co-construits avec ton ou ta soignant·e un suivi plus personnalisé et bienveillant.

L'auto-examen du col​

A l’aide d’un miroir, d’une lampe de poche et d’un spéculum (tu peux t’en procurer un en ligne ou dans certaines pharmacies), tu peux inspecter tes organes intimes internes (col de l’utérus) et externes (vulve). Respire, essaye de te détendre et prends le temps d’observer ! 

L'auto-palpation des seins​

Savoir reconnaitre une masse inhabituelle, un écoulement du mamelon ou tout simplement apprendre en quoi consiste le tissu des seins permet de ne pas s’effrayer à chaque irrégularité physiologique. Apprends à t’auto-examiner grâce à cette vidéo.

L'auto-prélèvement vaginal​

Pertes vaginales anormales, mauvaises odeurs, démangeaisons ? Tu peux réaliser un prélèvement de tes muqueuses pour détecter une éventuelle infection vaginale. Des kits d’auto-prélèvement vaginal (APV) sont disponibles en pharmacie sur commande, ou sur internet. La méthode est la même que chez ton ou ta gynécologue, tu réalises un prélèvement des muqueuses de ton col en insérant l’embout dans ton vagin pendant une dizaine de secondes. Les résultats, en fonction du kit utilisé, peuvent être immédiats (interprétés par la couleur de l’embout) ou nécessitent une analyse en laboratoire. En fonction de ceux-ci, n’hésite pas à consulter un·e docteur·e. 

Seul·e ou en groupe, tu as les outils pour prendre ta santé en main. 
Pour plus d’informations sur l’organisation d’ateliers d’auto-santé, télécharge le référentiel “Auto-santé des femmes” ici.
La section dédiée aux ateliers d’auto-santé arrive !

Consultation idéale

Outils pour une consultation "idéale"

La consultation gynécologique touche à ton intimité et peut parfois créer un grand sentiment de vulnérabilité. Intime Idée a rencontré des professionnel·le·s et des patient·e·s afin de déterminer ensemble les points forts pour une consultation dite “idéale, bienveillante et respectueuse”. Voici une liste non-exhaustive de pratiques respectueuses que tu peux attendre de ton ou ta soignant·e.

L’écoute, lié au temps.

Prendre le temps d’expliquer, avec douceur, tout ce qu’il ou elle fait. 

Détourner le regard, respecter l’intimité.

Expliquer les différentes options et proposer plusieurs solutions.

Prendre une décision ensemble.

Source : Gynécologie et féminisme : causes communes. “Le respect dans les soins gynécologiques : quelles pratiques professionnelles ?” dans Chronique Féministe 119

Plus d’informations vers les contraceptifs, les protections IST et les infections sexuellement transmissibles ? Intime Idée t’encourage à aller plus loin dans ta documentation.