Je m'interroge sur ma première consultation

La première consultation en gynécologie est un moment qui touche à ton intimité et à ta santé intime. Elle est vue par certain·e·s patient·e·s comme un moment inquiétant alors qu’elle ne devrait pas l’être. Cette section permet de t’éclairer et rassurer tes potentielles craintes à propos de cet instant.

Application du droit

Application du droit : ce qui te concerne

Le droit, durant toutes tes prestations de soin, est là pour te protéger. C’est un outil indispensable pour ta première consultation. Il te permettra de faire tes choix en toute connaissance de cause.

  • Tu as le droit d'exprimer ta gêne.

    Lors de ta première consultation, n'hésite pas à exprimer ta gêne à la personne qui t'examine. Tu as le droit de poser toutes les questions que tu as afin de te rassurer.

  • Tu as le droit d'exprimer ton mécontement face à un jugement.

    Même si ton ou ta praticien·ne ne doit pas exprimer de jugement, tu as le droit d'exprimer ta gêne ou ton mécontentement en cas de propos déplacés. En cas de remarque jugeante, tu peux arrêter la consultation et demander à être remboursé. Si tu parles de tes rapports sexuels ou tes partenaires, aucune remarque ne doit être faite à ce propos.

  • Tu as le droit de refuser la nudité complète.

    Aucun examen gynécologique ne nécessite l'entière nudité, que ce soit pour un frottis, un toucher vaginal ou une palpation des seins. Tu as le droit de ne dévêtir que le bas du corps pour l'examen gynécologique, puis te rhabiller et dévêtir le haut du corps pour l'examen des seins. Tu as également le droit de porter un paréo ou un vêtement ample pour te sentir plus à l'aise. Le choix te revient ! Le ou la gynécologue doit également détourner le regard lorsque tu te déshabilles, ou installer un paravent afin de te procurer plus d'intimité.

  • Tu as le droit de refuser un examen.

    Le ou la praticien·ne doit demander ton consentement avant chaque intervention et il ou elle doit également t'expliquer ce qu'il ou elle va faire. Tu peux refuser toute intervention ou toucher médical si tu n'en as pas envie et le ou la professionnel·le se doit d'accepter ton choix. Si tu ne veux pas que l'on te palpe les seins ou que l'on pratique un toucher vaginal, tu as le droit de dire non.

  • Tu as le droit d'être correctement informé·e.

    Le ou la professionnel·le doit te donner toutes les informations dont tu as besoin pour que tu puisses faire des choix libres et éclairés. Si une information ne te paraît pas claire, tu as le droit de demander plus d'informations. Tu peux également poser les questions que tu souhaites. Les questions que tu as sur ta contraception, ton corps ou même sur tes rapports sexuels ont leur place dans une consultation.

  • Tu as le droit d'être accompagné·e.

    Si la consultation gynécologique te fait peur ou te gêne, tu peux venir avec un proche si cela te rassure, c'est ton droit.

  • Tu dois respecter ton ou ta praticien·ne et inversement.

    Inutile de le préciser, une relation médicale est une relation humaine qui doit se dérouler dans le respect et l’écoute. C’est une condition essentielle pour créer un environnement de confiance et de dialogue.

  • Tu dois communiquer clairement toutes informations nécessaires à ton suivi.

    Communique toutes les informations qui te semblent pertinentes. Si tu as déjà eu des rapports sexuels, il est dans ton intérêt de communiquer en tout transparence à ce propos.

  • Tu dois construire une relation de qualité et de bienveillance avec ton ou ta gynécologue.

    Ton implication dans ton suivi est primordiale. C’est une relation collaborative entre toi et le ou la professionnel·le qui te suit. Son objectif est ton bien-être.

Pourquoi consulter un·e gynécologue ?

Les raisons d’aller voir un gynécologue sont variées. Si certaines patient·e·s pensent souvent que la consultation gynécologique est nécessaire dès 16 ans, cette croyance est un mythe.

Les étapes pour être prêt·e
La première consultation gynécologique est un choix qui peut être fait à n’importe quel âge et pour différentes raisons (parce que tu as des questions par rapport à ta santé intime, parce que tu as eu tes premières règles ou premiers rapports sexuels, pour choisir un moyen de contraception ou parce que tu as un soucis de santé). Le plus important avant une première consultation gynécologique c’est de se sentir prêt·e.
Cependant, il est parfois nécessaire de consulter un·e professionnel·le dans certains cas urgents (comme un rapport non protégé, un retard de règles, des pertes ou des saignements vaginaux inhabituels, des démangeaisons génitales, des douleurs au ventre ou pendant les rapports).
Attention
Attention
Cependant, il est parfois nécessaire de consulter un·e professionnel·le dans certains cas urgents (comme un rapport non protégé, un retard de règles, des pertes ou des saignements vaginaux inhabituels, des démangeaisons génitales, des douleurs au ventre ou pendant les rapports).
Dépistage et vaccin
Il est également important de réaliser des dépistages réguliers du HumanPapillomaVirus (HPV) entre 25 et 64 ans afin de contrôler la présence ou non du cancer du col de l’utérus. De plus, tu as la possibilité de te faire vacciner contre celui-ci. Ce vaccin est d’ailleurs remboursé entre tes 12 et tes 19 ans.
Si ta première consultation te fait peur, n’hésite pas à te rendre en planning familial où les professionnel·le·s ont souvent une écoute et une approche différente. Tu as également le droit de venir accompagné·e par un proche si cela te rassure.
Venir accompagné·e
Venir accompagné·e
Si ta première consultation te fait peur, n’hésite pas à te rendre en planning familial où les professionnel·le·s ont souvent une écoute et une approche différente. Tu as également le droit de venir accompagné·e par un proche si cela te rassure.

Petits conseils avant la consultation

Avant ta première consultation il y a quelques petites choses qu’il est important que tu saches afin d’être dans les meilleures conditions possibles.

Prendre du recul

Tout d’abord, sache que le ou la gynécologue n’est pas supérieur à toi. Vous êtes sur un pied d’égalité et, même s’il ou elle peut t’aider et te conseiller, tu n’as pas à accepter tout ce qu’il ou elle dit sans te poser de questions. Il est important que tu prennes du recul sur ses recommandations si elles ne te semblent pas appropriées pour toi, quitte à demander un second avis à un·e autre professionnel·le.

Informations

Il est important que tu t’informes avant ta consultation car un·e patient·e mieux informé·e est un·e patient·e plus actif·ve dans son suivi. Fais attention cependant, toutes les sources ne sont pas bonnes à prendre. Essaye de toujours croiser plusieurs sources d’informations afin d’avoir un savoir le plus juste et complet possible.

Idées préconcues

Si tu as déjà entendu parler de mauvaises expériences en gynécologie, essaye de ne pas te faire une idée préconçue de la gynécologie. La plupart des médecins respectent les droits des patient·e·s et te prendront en charge en étant à l’écoute de tes envies et besoins.

Première consultation : le déroulement

Lors de ta première consultation, l’examen gynécologique n’est pas obligatoire. Cet examen ne peut être réalisé que si tu l’autorise, excepté dans un cas d’urgence où tu serais incapable de donner ton consentement.

L'anamnèse​

Durant cette phase, le ou la praticien·ne fera un bilan de santé avec toi. Il ou elle te posera plusieurs questions à propos de tes antécédents médicaux, de ta santé intime ou de ta sexualité en général. 

N’hésite pas à poser des questions à ton ou ta gynécologue. Il n’y a pas de questions stupides et elles ont toutes le droit d’être posées. Le ou la gynécologue se doit de les écouter et d’y répondre sans aucun jugement. Si tu ne comprends pas certaines réponses, tu peux exiger plus d’informations.

L'examen gynécologique​

Il se déroule en plusieurs étapes, n’est pas supposé faire mal et peut se pratiquer pendant tes règles (à l’exception du frottis), sauf si cela te met mal à l’aise. 

Même s’il n’est pas systématiquement obligatoire, tu peux demander à être examiné·e si cela te rassure.

Pendant l’examen, il est possible que tu ressentes une sensation d’inconfort, de gêne ou que tu aies mal. Si c’est le cas, n’hésites pas à prévenir ton ou ta gynécologue et à lui demander d’être plus dou·x·ce

De plus, même s’il se pratique souvent dans la position classique (sur le dos avec les jambes écartées), tu peux également demander à ton ou ta particien·n·e de t’examiner en position de décubitus latéral (examen dit “à l’anglaise”). Cette position peut être moins gênante pour toi.

Le ou la gynécologue doit d’abord réaliser une palpation des seins et des aisselles pour déceler la présence d’éventuelles grosseurs. Il ou elle peut, à ta demande, te montrer comment réaliser cet examen afin que tu puisses t’auto-examiner régulièrement.

Lors du toucher vaginal, le ou la professionnel·le introduit deux doigts dans ton vagin, tout en palpant ton bas ventre pour faire un examen de l’utérus, des ovaires et du périnée.

Le frottis est un examen durant lequel le ou la gynécologue prélève des cellules de ton col utérin afin de dépister d’éventuelles infections ou pathologies. Il est pratiqué à l’aide d’un spéculum, un instrument en métal qui sert à écarter les parois du vagin. Après cet écartement, une petite brosse sera introduite jusqu’à ton col pour prélever les cellules. Cet examen n’est pas systématique et n’a normalement pas besoin d’être pratiqué avant tes 25 ans. Il est censé être indolore.

Durant cet examen, le ou la praticien·ne insère un instrument d’échographie dans ton vagin. Il sert à différentes choses comme :

  • Voir s’il est possible de poser un stérilet dans ta cavité utérine
  • Obtenir des images de l’intérieur de ta cavité utérine
  • Trouver la cause de certaines douleurs, de saignements ou problèmes urinaires
  • Vérifier la présence ou non d’une tumeur
  • Vérifier la présence ou non d’un cancer colorectal et sa réponse face à un traitement
  • Observer s’il y a ou non une maladie inflammatoire
  • Confirmer ou infirmer une grossesse

La conclusion de la consultation​

Une fois que la consultation touche à sa fin, le ou la praticien·ne peut te prescrire un traitement si nécessaire (pour la pilule par exemple). 

C’est également le moment de poser les dernières questions que tu as en tête afin de repartir de la consultation en étant rassurée et en ayant toutes les informations dont tu as besoin.

Si ton rendez-vous s’est bien déroulé, tu pourras en reprogrammer un nouveau avec ton praticien quand tu le souhaites (généralement une consultation par an, excepté en cas de soucis). 

Conseils

Si ton premier rendez vous s’est mal passé, sache que tu n’as aucune obligation de retourner voir le ou la même praticien·ne. Tu peux en changer sans devoir motiver ton choix.

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